Les premières techniciennes en optométrie de Madagascar voient grand

Les premières techniciennes en optométrie de Madagascar voient grand

Sahondranirina et Raveloson sont des Malgaches qui étudient en vue de l’obtention du diplôme de technicienne en optométrie à l’école d’optométrie du Mali, qui relève de l’Institut d’ophtalmologie tropicale de l’Afrique (IOTA) de l’Ouest. Elles sont emballées à l'idée de mettre leurs nouvelles compétences à l’épreuve dans leur pays natal, où elles retourneront dans le courant de l’année après avoir terminé leur diplôme de trois ans.

« Je veux réduire la cécité évitable dans mon pays en traitant les erreurs de réfraction non corrigées et d’autres troubles de santé oculaire », explique Sahondranirina.

À Madagascar, les erreurs de réfraction et les cataractes constituent les principales causes de cécité évitable. En ce moment, il n’y a pas d’optométristes pour venir en aide à ces personnes. Il n’existe pas non plus de programme de formation destiné aux personnes qui veulent travailler dans le domaine de l’optométrie.

« Nous voulons commencer à travailler dès que nous aurons reçu notre diplôme afin d’aider les personnes qui ont besoin de services de réfraction ou qui ont d’autres troubles oculaires. Nous prévoyons organiser divers programmes d’intervention directe et mettre sur pied un centre de services de réfraction à Madagascar. Nous voulons aussi collaborer avec le ministère de la Santé afin d’attirer suffisamment d’attention sur notre projet », ajoute Sahondranirina.

« Quand j’aurai terminé mes études, j’aimerais ouvrir une clinique et fournir des services de correction d’erreur de réfraction de grande qualité, à prix abordable, renchérit Raveloson. Le caractère abordable des services, voilà une autre chose très importante dans le domaine de la santé oculaire de ce pays. Je veux aussi me servir de cette clinique pour informer les patients au sujet d’importantes maladies oculaires, comme le glaucome, afin qu’ils sachent comment reconnaître les signes de la maladie et savoir à quel moment ils doivent se faire traiter. »

Ravelson

Malgré leur détermination sans pareille, elles ont encore fort à accomplir pour faire reconnaître l’optométrie comme grande nécessité à Madagascar.

« Nous devons faire bien des choses : créer des postes locaux en vue de la dispense de services d’optométrie, établir des services primaires et communautaires, et nouer des relations de travail avec les centres d’ophtalmologie publics, à titre de membres de leur équipe, ainsi qu’avec le ministère de la Santé. En plus de tout cela, nous aurons besoin de financement pour nous procurer des lunettes à bon marché. »

La jeune diplômée prévoit également poursuivre ses études pour faire une maîtrise ou un doctorat en optométrie, dans le but de faire de la recherche ou d’enseigner.

« J’espère que bien d’autres personnes décideront de se diriger dans le domaine de l’optométrie pour que nous puissions faire une différence marquée au cours des années à venir, ajoute-t-elle. En ce moment, le plus grand problème auquel nous faisons face, c’est qu’il n’y a que nous deux dans le domaine. »

Sahondranirina et Raveloson ont eu droit à une bourse nommée en l’honneur des Drs Mario Gutierrez et Greg Pearl pour faire leur diplôme en optométrie. Le programme de l’école d’optométrie du Mali est financé en partie par Optometry Giving Sight et mis en œuvre par le Brien Holden Vision Institute, en collaboration avec l'IOTA.

Photo principale : Sahondranirina avec un patient

Petite photo : Raveloson avec un patient

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